Cainiao, la filiale logistique d’Alibaba avance ses pions en Europe

©Cainiao

Contestant à Amazon sa suprématie, le chinois Alibaba ne dispose pas partout d’un réseau logistique intégré pour assurer la livraison finale au consommateur. Il s’attache à y remédier en posant des jalons grâce à Cainiao, son bras armé au nom peu aisé à retenir. Alibaba détient 64 % des parts de cette entreprise fondée avec d’autres partenaires en 2013. Elle affiche 9,8 Md€ de CA sur les neuf premiers mois de son année fiscale en cours. Après avoir maillé l’Asie, l’entreprise – également présente aux États-Unis et se pose en no 1 de la logistique transfrontalière du e-commerce – fait de « L’Europe une priorité », indique Lin Wan, le PDG de Cainiao Group. Récente, son implantation y débute vraiment en 2021 avec le choix de l’aéroport de Liège comme « e-hub » c’est-à-dire comme point d’atterrissage de ses e-colis en provenance de Chine. Une petite moitié des 30 000 m2 d’entrepôts est branchée sur les pistes, l’autre servant de centre de tri régional pour préparer les livraisons du dernier kilomètre, l’opérateur utilisant ses propres solutions technologiques. Budapest, Madrid, Londres, Amsterdam, etc. s’insèrent également dans ce réseau de centres de tri. Peu présent en France, Cainiao prévoit d’y déployer une équipe d’une centaine de personnes. 

Après avoir avancé ses pions, la filiale d’Alibaba a franchi un cap ce printemps en étendant sa solution de livraison en cinq jours ouvrables aux principaux marchés (Espagne, Portugal, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Royaume-Uni) aux clients du portail du groupe AliExpress.com. « Cette expansion stratégique va permettre de répondre à la demande croissante des consommateurs européens en matière de services de livraison plus rapides et plus fiables », commente Cainiao, ce grâce à une meilleure « efficacité de la logistique du e-commerce transfrontalier ».

Le groupe combine coopérations et moyens propres. « Nous utilisons les services aériens de WFS et Saudia Cargo, car nous ne disposons pas de moyens pour assurer des vols Hong Kong/Liège », précise l’opérateur.

Si la stratégie commerciale est linéaire, l’évolution des liens capitalistiques entre Alibaba et sa filiale logistique est en revanche pour le moins erratique. Après avoir préparé l’introduction de Cainiao à la bourse de Hong Kong en 2023, fin mars, son propriétaire a finalement jeté l’éponge. Réorganisé en holding, Alibaba entendait tirer entre 900 et 1 900 M€ de la cession. Le e-commerçant chinois basé à Hangzhou prévoit désormais de racheter à prix d’or la part des minoritaires (36 %) pour un montant pouvant atteindre jusqu’à 3,4 Md€.

Marc Fressoz

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