Le transport public en crise face au changement climatique

©DR - Bus parisien

Face à l’urgence climatique, les transports publics peinent à jouer leur rôle d’alternative à la voiture et à faire le plein de voyageurs. Après des années de croissance continue, la crise sanitaire a marqué une vraie cassure et la fréquentation décline. Les chiffres communiqués en septembre par l’UTP montrent toutefois des situations contrastées entre Île-de-France et province. Avec une fréquentation qui atteint tout juste 80 % du niveau de 2019, les transports urbains franciliens sortent difficilement de la crise. La province a de meilleurs résultats avec « un niveau de 91,5 % », signale Marie-Ange Debon, présidente de l’UTP. En matière ferroviaire, la fracture est encore plus nette au détriment de la région parisienne. Seuls 75 % des voyageurs ont repris le Transilien et le RER, alors qu’au contraire le TER a presque retrouvé la fréquentation avec 97 %, même s’il faut prendre ces chiffres avec pincettes. Dans les Haut-de-France, les suppressions de train sont massives et engendrent forcément une certaine perte de voyageurs.

La situation globale inquiète les opérateurs, car les tendances qui pouvaient sembler passagères – télétravail, concurrence du vélo, de la trottinette, retour à la voiture – s’enracinent. L’existence dans les grandes villes d’une large offre de modes de déplacement ainsi que la nature des emplois favorise cette éviction, même si la cherté de la vie peut ramener du public dans les transports publics. Cela suppose en premier lieu que les opérateurs offrent un service irréprochable en ayant résolu leurs problèmes internes. Tous sont confrontés à une pénurie aiguë de conducteurs. Toutefois, son intensité dépend de micro-bassins d’emplois. C’est ainsi qu’IDFM analyse les différences de taux d’offre non réalisée en grande couronne qui oscille entre 7 % (Argenteuil) et 10 % (Marne-la-Vallée, Brie et 2 Morin, Paris-Saclay).

La situation calamiteuse du service fourni à Paris et dans sa proche banlieue (26 % de l’offre bus non assurée en septembre) paraît relever d’un empilement de causes. La pénurie de chauffeurs – 4 000 en Île-de-France – est aggravée par la mauvaise ambiance sociale liée aux mesures de productivité (réduction du nombre de cadres dans les centres bus, allongement d’une heure de la durée de conduite depuis 1er août) et à l’ouverture à la concurrence. Le climat est tel que la direction mène 130 procédures de licenciement pour arrêt de travail frauduleux. Campagne de recrutement, efforts de formation, etc. font partie des plans d’urgence conçus avec Île-de-France Mobilités.

Marc Fressoz

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